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Cameroun, porte-voix africain contre le paludisme

Editorial Desk · Oct 15
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3 min read
Cameroun, porte-voix africain contre le paludisme

A l'occasion du Sommet mondial de la santé et d'une série de rencontres au Bundestag allemand, la délégation Camerounaise a fait entendre la voix de l'Afrique dans la bataille pour l'élimination du paludisme, en plaçant le financement durable et le leadership africain au centre des débats.

Au cœur de cette mission, l'Hon. NJUME Peter AMBANG, Co-président principal de la Coalition des Parlementaires pour Mettre Fin au Paludisme en Afrique (COPEMA). A la tête d'une délégation de parlementaires africains, il a multiplié les rencontres avec les décideurs allemands et les grands acteurs de la santé mondiale, avec un message clair: sans solidarité internationale et sans engagement politique fort, l'élimination du paludisme restera un vœu pieux.

Le Bundestag allemand a constitué l'une des étapes les plus stratégiques de cette mission. Face aux parlementaires allemands, au Directeur du Fonds mondial, aux représentants de Gavi, l'Alliance du vaccin, ainsi qu'à plusieurs institutions internationales de recherche et partenaires techniques, la délégation du COPEMA a défendu la nécessité de maintenir et d'accroître les investissements en santé mondiale.

Le plaidoyer a porté notamment sur la prochaine reconstitution des ressources du Fonds mondial. Les parlementaires africains ont appelé l'Allemagne, l'un des contributeurs historiques les plus constants, à renouveler et à renforcer son engagement financier. Un appel qui intervient dans un contexte mondial marqué par la contraction des aides et la concurrence des priorités sanitaires.

Cette mission berlinoise a été marquée par deux avancées majeures qui pourraient structurer durablement le combat parlementaire contre le paludisme.

La première est la signature d'un Protocole d'Accord entre le COPEMA et UNITE, le Réseau Parlementaire International pour la Santé Mondiale. Cet accord établit un cadre formel de coopération entre les législateurs africains et leurs homologues à travers le monde. L'objectif est de créer un front parlementaire mondial capable de peser sur les décisions en matière d'élimination du paludisme, de financement de la santé et d'accès équitable aux outils de prévention et de traitement.

La seconde avancée concerne le continent africain lui-même. Un projet de Protocole d'Accord a été présenté à la Commission Santé du Parlement panafricain. Ce texte propose de faire de l'élimination du paludisme une priorité législative formelle pour tous les parlements africains et d'encourager la mise en place, dans chaque pays, de caucus parlementaires dédiés au financement de la santé. Une démarche qui vise à institutionnaliser le combat contre le paludisme au sein même des assemblées nationales.

Au-delà de ces accords, le sens profond de la démarche est politique. Le COPEMA entend renforcer le rôle de contrôle des parlements sur l'action gouvernementale en matière de santé, pousser à l'augmentation des budgets nationaux alloués à la santé et promouvoir la redevabilité des Etats sur les engagements internationaux qu'ils ont souscrits.

Forte de 60 parlementaires issus de 12 pays africains, la Coalition porte également une autre bataille, celle de la souveraineté sanitaire. Les membres du COPEMA plaident pour davantage d'investissements dans la fabrication locale et la recherche africaine afin de réduire la dépendance du continent vis-à-vis des importations d'intrants essentiels: moustiquaires imprégnées, tests de diagnostic, antipaludéens et futurs vaccins.

Sur ce terrain, le Cameroun fait figure de référence. La délégation a mis en avant l'expérience camerounaise où le plaidoyer parlementaire a directement conduit à la création, par décret du Premier Ministre Chef du Gouvernement, du Comité National Multisectoriel de Lutte contre le Paludisme. Une illustration concrète de ce que la diplomatie parlementaire peut produire lorsqu'elle est structurée et soutenue.

A travers cette mission à Berlin, le message porté par Yaoundé dépasse le seul cadre sanitaire. Il rappelle que l'élimination du paludisme ne se résume pas à des interventions médicales. Elle exige une solidarité internationale soutenue, des budgets nationaux plus robustes, une action politique coordonnée et surtout une appropriation africaine des solutions.

Une vision que le COPEMA entend désormais porter dans toutes les capitales, avec le Parlement camerounais en première ligne.

@Mr Etienne Ndage

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