Le Président de l'Assemblée nationale, le Très Hon. Théodore Datouo, a installé ce 07 septembre le Comité chargé de piloter l'extension de l'Hôtel des Députés.
Un projet pharaonique de 12 étages confié à une entreprise chinoise, qui vise à transformer le vieux bâtiment de 1952 en un complexe futuriste avec spa et 180 chambres.
C'est une nouvelle page qui s'ouvre pour le patrimoine immobilier de la Chambre basse.
La structure, composée de députés et de hauts responsables de l'administration parlementaire, aura la lourde charge de conduire ce chantier d'envergure de bout en bout. Ses missions sont clairement définies: maturer techniquement le projet, rechercher les financements nécessaires, contrôler et suivre l'exécution des travaux sur le terrain. Pour mener à bien cette tâche, le Comité est placé sous la coordination de l'Honorable Théophile Baoro, Vice-Président de l'Assemblée nationale, assisté de l'Honorable Njingum Musa Mbutoh, Questeur de la Chambre.
Le projet en lui-même est ambitieux. Il s'agit de moderniser en profondeur les infrastructures d'hébergement réservées aux élus de la Nation. L'actuel Hôtel des Députés, un édifice historique construit en 1952 et classé trois étoiles, montre aujourd'hui des signes d'essoufflement face aux standards modernes. L'initiative vise à le compléter par un nouvel immeuble au design futuriste de douze niveaux, dont deux sous-sols entièrement dédiés au parking et à un espace spa pour le bien-être des hôtes.
Selon le plan présenté lors de la cérémonie, le futur bâtiment comprendra de vastes espaces d'accueil, des salles de banquet modulables, des restaurants haut de gamme, ainsi que plusieurs niveaux exclusivement réservés à l'hébergement. La capacité initiale annoncée est de 150 chambres, avec une projection pouvant atteindre 180 chambres en phase d'optimisation. L'objectif final est l'obtention d'une classification quatre étoiles, conforme aux standards internationaux de l'hôtellerie de luxe.
La réalisation des travaux a déjà été confiée à l'entreprise chinoise Beijing Construction Urban Group, un habitué des grands chantiers au Cameroun. Au-delà de la construction, le Comité devra également se pencher sur une équation délicate: organiser la coexistence fonctionnelle entre l'actuel hôtel trois étoiles et le futur établissement quatre étoiles, et réfléchir à une éventuelle mise à niveau des installations existantes pour assurer une cohérence de l'ensemble.
La cérémonie d'installation s'est achevée par une photo de famille et une visite guidée du site devant accueillir le futur joyau architectural.
Si le projet séduit par son ambition moderniste, il soulève inévitablement des interrogations sur l'échelle des priorités. Dans un contexte national marqué par des besoins criants en infrastructures scolaires, sanitaires et routières, et alors que de nombreuses circonscriptions peinent à voir leurs projets de développement les plus élémentaires financés, le choix d'investir dans un hôtel de luxe avec spa et salles de banquet pour les députés peut apparaître comme un signal déconnecté des urgences sociales. La question du coût global du projet, de ses sources de financement et de sa rentabilité pour le contribuable camerounais reste entière, et le Comité de suivi sera très attendu sur la transparence de sa gestion.

