JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA PAIX - Les Parlementaires font le serment d'investir

"Nous voulons être de vrais mendiants de la paix." La phrase, empruntée au Président de la République, a résonné comme un serment le 21 septembre 2026 dans l'hémicycle du Palais de Verre Paul Biya. Pour célébrer la 45e édition de la Journée Internationale de la Paix, et pour la première fois de son histoire, le Parlement camerounais, Sénat et Assemblée Nationale réunis, n'a pas opté pour une simple cérémonie protocolaire, mais pour un dialogue parlementaire de haut niveau.
Placée sous le thème “Investir dans la paix - pour tous, partout, tous les jours", cette 45e édition a voulu sortir la paix des discours pour l'ancrer dans l'action budgétaire, législative et citoyenne. Autour des deux chambres, des parlementaires, des représentants du Système des Nations Unies et surtout, des élèves venus de différents établissements scolaires de Yaoundé, sentinelles de l'avenir.
Dans un contexte mondial marqué par les fractures et au plan national par les poches de crise persistantes dans l'Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le symbole est fort. Le Cameroun, présenté comme un havre de paix, a choisi de s'interroger: comment faire pour que cette paix ne soit pas seulement une absence de guerre, mais un investissement quotidien ?
Très vite, les échanges ont mis en lumière une conviction: la paix ne se décrète pas, elle se cultive.
Prenant la parole, l'Honorable Brigitte Emabot, présidente de l’Association Internationale des parlementaires pour la paix ( AIPP), a ramené le débat au premier creuset de la société: la famille.
“Le message principal, c'est que chacun de nous, chaque Camerounais, puisse cultiver la paix, et ce, dans tous les domaines. Je prends un exemple: dans la famille, lorsque les parents parlent mal de notre pays, ils polluent les intelligences. Les enfants vont alors répercuter le message qu'ils ont reçu. Au sortir de cette journée, nous, parlementaires, avons pris l'engagement de semer la paix partout où nous passerons. »
Un appel à la responsabilité individuelle qui a trouvé un écho dans l'intervention de l'Honorable Mary Muyali Meboko, Vice-Présidente de l'Assemblée Nationale et représentante du Très Honorable Président Théodore Datouo à cette cérémonie.
“L'Assemblée Nationale est la maison du peuple. Elle protège le peuple, les vulnérables comme les plus forts. Nous prenons donc l'engagement, dans notre rôle normal de Parlement, de pouvoir contrôler l'action du gouvernement, de pouvoir travailler avec la population sur le terrain pour nous assurer que la paix vient du cœur, du cœur vers la communauté. Et nous nous engageons également à faire en sorte que le budget que le Cameroun vote reflète la paix”, a déclaré l’Hon Mary Muyali.
Invité d'honneur de ce dialogue inédit, le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies au Cameroun, Dr Issa Sanogo, a salué une première historique et a appelé à transformer les engagements en actes.
“Ce thème nous interpelle, et je voudrais remercier les deux chambres du Parlement qui, pour la première fois, se sont réunies pour s'engager par rapport à cette question de l'agenda de la paix au Cameroun. Le Cameroun est un havre de paix, mais comme tous les autres pays, il subit également un certain nombre de difficultés, notamment dans l'Extrême-Nord, et puis le Sud-Ouest, le Nord-Ouest, qui sont des poches de crise”.
Au final, au-delà des discours et des promesses, cette 45e célébration aura eu le mérite de replacer le parlementaire au cœur de son rôle: celui de pont entre l'Etat et le citoyen. Les élèves présents, les yeux rivés sur leurs aînés, ont compris que la paix qu'on leur lègue ne sera pas un héritage, mais un chantier. Un chantier où chaque Camerounais est appelé à devenir ouvrier.
@Mr Etienne Ndage
Comments(0)
Loading comments…
