les parlementaires se mobilisent pour "Une seule Santé"
Réunis ce 12 août 2026 au Palais de verre Paul Biya à Yaoundé, députés et sénateurs ont adopté une feuille de route jusqu’en 2027 pour institutionnaliser l’approche "Une seule Santé". Objectif: doter le Cameroun d’un cadre législatif et budgétaire pour mieux prévenir les crises sanitaires à l’interface homme-animal-environnement.
À l’initiative du Réseau Parlementaire du Cameroun, REPAR, et du Programme National de Prévention et de Lutte contre les zoonoses émergents et ré-émergentes, à travers la plateforme “une seule santé”, les parlementaires des deux chambres ont planché sur un thème devenu incontournable: “Une Nation, Une seule Santé. Renforcer la coordination et le leadership législatif pour prévenir les crises sanitaires et sauvegarder l’avenir”.
L’enjeu était de taille. Covid-19, grippe aviaire, résistances aux antimicrobiens... Les dernières années ont montré que la santé humaine ne peut plus être pensée sans celle des animaux et de l’environnement. C’est tout le sens de l’approche "Une seule Santé" que le Cameroun veut désormais ancrer dans ses politiques publiques.
Pendant plusieurs heures, experts du MINSANTÉ, du MINEPIA, du MINADER, de la FAO, de l’OMS, de la GIZ et de l’US Embassy ont décortiqué pour les élus les mécanismes de prévention, le Règlement Sanitaire International et les coûts des épidémies. Un exemple a particulièrement marqué: l’évaluation économique de l’influenza aviaire hautement pathogène de 2016 au Cameroun.
“Le One Health, c’est un mot qui n’est pas nouveau, mais qui aujourd’hui pour nous est presque nouveau , a reconnu l’Hon. Douvaouissa Aissa Hamadi. “Et nous, parlementaires, nous devons nous atteler sur l’apport budgétaire, sur l’apport législatif et sur la sensibilisation de tous les sectoriels”.
Concrètement, il s’agissait de donner aux députés et sénateurs les armes pour jouer pleinement leur rôle: voter des lois, allouer des crédits, et contrôler l’action du gouvernement sur les questions de surveillance, de préparation aux urgences et d’harmonisation réglementaire.
À l’issue des travaux, les parlementaires ne sont pas repartis les mains vides. Ils ont validé une feuille de route opérationnelle dont l’action phare est la rédaction d’une note d’orientation. Ce document devra synthétiser les priorités législatives et budgétaires à soumettre aux commissions concernées.
Autre décision forte: la création d’un groupe parlementaire transpartisan et bicaméral dédié à l’opérationnalisation de "Une seule Santé".
Parmi les recommandations adoptées figurent aussi le partage des présentations et des contacts d’experts aux participants, sous la responsabilité du Programme Zoonoses.
La rencontre, qui a réuni des représentants de plus de 15 administrations, de la société civile et des partenaires techniques, s’est achevée par les mots du représentant du Président du Sénat. Les élus ont salué “la qualité des échanges “ et réitéré leur engagement à porter le plaidoyer.
Pour l’Hon. Douvaouissa Aissa Hamadi, le message est clair: “Que ça soit la santé animale, santé végétale, santé humaine, ça doit être combiné pour que nous ayons une seule santé pour que ça soit pérenne, et la prévention doit être de mise”.
Reste maintenant à transformer ce plan d’action en lois et en crédits. Le chantier s’ouvre.

