PARLEMENT CEMAC - Réflexions sur la crise financière

L’ouverture solennelle de la 2e session ordinaire du Parlement communautaire CEMAC s'est tenue le 13 octobre 2026 en visioconférence dans la salle des commissions Marigoh Mboua de l'Assemblée Nationale du Cameroun. Les travaux de la 2e session ordinaire budgétaire 2026 du Parlement communautaire portent sur l'examen de la crise financière liée au non-reversement de la Taxe Communautaire d'Intégration, l'alignement sur le plan stratégique PACT 2030 et le suivi des projets d'interconnexion.
La délégation camerounaise était conduite par l'Honorable Hilarion Etong, Président de la Section camerounaise du Parlement Communautaire.
C'est dans un format inédit que s'est tenue la deuxième session ordinaire budgétaire du Parlement de la CEMAC pour le compte de l'année 2026. Si la cérémonie s'est déroulée en visioconférence, elle a conservé toute sa solennité, avec au programme l'exécution de l'hymne de la Communauté et le discours d'ouverture du Président du Parlement Communautaire, Fernand Sabaye.
Cette session réunit les représentants des six États membres de la zone CEMAC: le Cameroun, le Gabon, le Tchad, la Guinée Équatoriale, la République Centrafricaine et la République du Congo. Du côté du Cameroun, on notait la présence des Honorables Man Simbe Jacqueline, Haman Tchouto et Ateawung Foju.
La session se tient dans un contexte financier particulièrement tendu, marqué par la décision prise le 2 octobre dernier par le Conseil des Ministres de l'UEAC de reporter le vote du budget communautaire.
Une décision saluée par le Président du Parlement, qui y voit la conséquence du non-reversement régulier des ressources communautaires par les États membres, une situation qui menace le fonctionnement même de l'institution.
Pour le Parlement, ce report doit être mis à profit comme un temps de réflexion stratégique pour assainir les finances et pousser des réformes de gouvernance fortes, comme la création annoncée d'un comité d'audit.
Au-delà de l'urgence budgétaire, les travaux devront également acter l'alignement des instruments du Parlement sur le nouveau plan stratégique PACT 2030 et encadrer le déploiement de la budgétisation par programme.
Les échanges ont aussi porté sur la nécessité de relancer la diplomatie parlementaire et de suivre avec vigilance les projets d'infrastructures d'interconnexion, comme l'axe routier Douala-Bangui, véritable moteur du commerce intra-communautaire.
“Voter à l'aveugle un budget pour la forme aurait été une faillite morale. Ce report n'est pas un aveu d'échec, mais un sursaut de vérité institutionnelle”, a déclaré le Président du Parlement CEMAC dans son allocution.
Entre rigueur financière et ambition d'intégration, cette session apparaît comme un test décisif pour la crédibilité de la Communauté.
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