L'Hon. Mary Muyali Meboka rend hommage aux enseignants
Le 3 septembre 2026 à Mundemba, à l'occasion du lancement officiel de l'année scolaire 2026-2027, et d’une conférence sectorielle départementale dans le département du Ndian, la Députée et Chef traditionnelle a tenu à rendre un hommage appuyé à ceux que l'on oublie souvent: les enseignants de l'éducation de base.
"Je veux remercier très, très sincèrement la famille de l'éducation de base pour les grands efforts que vous avez fournis dans ce département", a-t-elle lancé.
Des mots simples, mais qui pèsent lourd dans le Ndian. Car ici, enseigner n'est pas un métier comme les autres. Depuis près de dix ans, à cause de la crise socio-politique qui frappe le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, tenir une craie est un acte de bravoure. Il faut traverser des routes difficiles, enseigner parfois avec la peur au ventre, rassurer des enfants traumatisés, et continuer à croire en l'école quand tout autour pousse à la fermer. L'Honorable le sait. Elle ne l'a pas occulté. "Ça a été une année très, très difficile, nous le savons tous. Ça n'a pas été facile. Certains d'entre vous ont connu d'énormes difficultés, mais vous n'avez ménagé aucun effort pour venir soutenir les enfants."
Derrière cette phrase, tout le calvaire d'un corps enseignant résilient. Ces instituteurs affectés à Mundemba, à Ekondo-Titi, et bien d’autres, qui ont choisi de rester. Ceux qui ont vu leurs salles de classe se vider, puis se remplir à nouveau petit à petit. Ceux qui ont continué à dispenser le savoir même avec dix élèves.
"Au nom de la population que je représente, je veux vous remercier infiniment pour les efforts que vous déployez dans ce département", a-t-elle insisté.
Un remerciement qui n'est pas anodin. En tant que représentante du peuple, elle porte la voix de ces parents qui n'ont pas toujours les mots pour dire merci. De ces mamans qui savent que sans l'instituteur, leur enfant n'a pas d'avenir. En saluant l'enseignant, elle réhabilite l'école comme socle de la reconstruction du Ndian.
Mais l'hommage n'était pas seulement tourné vers le passé. Il était aussi un appel pour l'avenir. La rentrée 2026-2027 s'ouvre avec ses propres défis, et l'élue le sait. Elle a donc prié ses "collègues de l'éducation" de redoubler d'efforts.
"Je veux prier pour que vous encouragiez tous ceux qui ne sont pas encore présents en cette année académique à pouvoir revenir et soutenir l'éducation."
Un message clair à l'endroit des enseignants encore absents de leurs postes. Un appel fraternel, pas une menace administrative.
Et pour convaincre les plus réticents, elle a apporté l'argument qui rassure le plus: la sécurité. Citant le Préfet et les responsables des forces de sécurité présents à la cérémonie, elle a affirmé que l'administration "ne ménage aucun effort pour s'assurer que ce département est en sécurité" et que chacun a pu être témoin de l'amélioration de la situation sécuritaire.
Un hommage qui s'est conclu par une prière et une leçon d'unité: "Une fois que nous serons tous unis en esprit, en pensées et en actions, quoi que nous fassions, nous réussirons à 100%. Que les enfants réussissent, que les enseignants réussissent, et que la famille de l'éducation réussisse."
À Mundemba, ce jour-là, les enseignants n'ont pas seulement reçu des félicitations. Ils ont reçu une reconnaissance. Celle d'une élue de terrain qui leur dit: le Ndian vous voit, le Ndian vous doit son école debout.

